Pâtisserie

Les différents types de chocolat en pâtisserie et leurs usages

Par Maxime
6 minutes

Du cacao à la tablette : panorama des chocolats pour la pâtisserie


Le chocolat, incontournable de la pâtisserie, se décline en une multitude de variétés. Que l’on souhaite réussir un moelleux au cœur coulant, une mousse aérienne ou des décors brillants, le choix du type de chocolat est déterminant. Pour bien s’y retrouver, voici un guide pratique des principaux chocolats utilisés en pâtisserie, leurs caractéristiques et conseils d’usage. À la clé : des recettes qui gagnent en goût comme en maîtrise.


Comprendre la composition du chocolat


Avant de plonger dans les usages, il est utile de rappeler ce qui différencie chaque type. Le chocolat de couverture, celui à croquer ou celui à dessert, n’ont pas le même rôle ni la même composition.


  • Chocolat noir : Contient au minimum 35% de cacao, souvent plus de 60% pour la pâtisserie, avec du sucre et du beurre de cacao.
  • Chocolat au lait : Plus doux grâce à l’ajout de lait en poudre, moins riche en cacao (généralement 30-40%).
  • Chocolat blanc : Ne contient pas de pâte de cacao, mais uniquement du beurre de cacao, du lait et du sucre.

À cela s’ajoutent des différences importantes au sein de chaque catégorie : teneur en beurre de cacao, additions d’arômes ou d’émulsifiants.


Chocolat noir : la base pour l’intensité et la cuisson


Le chocolat noir est celui qui présente la plus grande diversité d’utilisation. On distingue :


  • Chocolat à pâtisser (classique) : Disponible en grandes surfaces, il affiche 52 à 60% de cacao. Idéal pour les gâteaux, brownies, nappages fondants.
  • Chocolat de couverture : Contient plus de 31% de beurre de cacao et jusqu’à 70% de cacao. Fond plus facilement, brille davantage : utilisé par les pros pour les enrobages, les ganaches, le tempérage.
  • Grand cru, origine unique : Plus courant chez les chocolatiers, il apporte des notes de fruits, de fleurs ou d’épices selon la provenance. À réserver pour les recettes où le chocolat est central (mousses, ganaches pures).

Conseils d’usage : Pour la cuisson (gâteaux, cakes), un chocolat noir à pâtisser fait l’affaire. En revanche, pour les mousses ou ganaches, privilégiez une couverture à 60-70% pour une meilleure texture.


Chocolat au lait : douceur et fondant


Souvent plébiscité des enfants, le chocolat au lait s’utilise aussi en pâtisserie, à condition d’ajuster le sucre des recettes.


  • Desserts lactés : Palets de chocolat au lait dans les brioches, cakes, cookies.
  • Ganaches et mousses : Apporte onctuosité et rondeur, idéal en entremets et bavarois.
  • Bonbons et chocolats maison : Son point de fusion bas (grâce aux matières laitières) demande attention lors du tempérage (chocolat plus fluide, mais plus difficile à utiliser en décors fins).

Astuce : Diminuez la quantité de sucre de la recette si vous substituez du chocolat noir par du lait.


Chocolat blanc : délicatesse et technicité


Le chocolat blanc a ses adeptes, même s’il ne fait pas l’unanimité. Peu cacaoté, il séduit pour les décors, les mousses très douces, les ganaches montées.


  • Ganaches montées : Sert de base neutre pour ajouter un arôme (vanille, citron, café).
  • Mousses et insert : Sa couleur claire s’accorde bien avec les fruits rouges ou exotiques.
  • Décors : Fond aisément, se colore facilement pour les décors en chocolat.

Attention à la fonte : Il brûle plus vite que le chocolat noir. Privilégiez un bain-marie doux ou des impulsions très courtes au micro-ondes.


Chocolat de couverture : la star des pros (et à la maison ?)


Le chocolat de couverture, plébiscité par les pâtissiers, se distingue par sa forte proportion de beurre de cacao, garantissant un fondu lisse et un tempérage efficace pour l’enrobage et les moulages.


  • Tempérage : Permet d’obtenir un brillant parfait sur les décors (plaques, feuilles, moulages de Pâques ou de Noël).
  • Ganaches fines : Sa fluidité se prête à la réalisation de bonbons.
  • Pistoles ou blocs : Souvent vendus en pistoles (pour un dosage précis), ou en bloc à râper. Pratiques à la maison pour éviter les morceaux inégaux.

Remarque : Il peut aussi s’utiliser dans les mêmes usages que le chocolat à pâtisser classique, avec souvent un surcoût mais un vrai plus côté texture.


Cacao en poudre : un ingrédient à part entière


Le cacao en poudre (pur, non sucré), apporte intensité et couleur. Il ne doit pas être confondu avec les poudres « petit-déjeuner » déjà sucrées.


  • Pâtes à gâteaux : Idéal pour des cakes, madeleines ou biscuits chocolatés très marqués en goût.
  • Décor : Un saupoudrage de cacao non sucré sur une mousse ou un tiramisu finit un dessert sobrement.
  • Pâte à tartiner maison : Pour un goût corsé et équilibré.

Astuce : Mélangez la poudre de cacao avec un peu de liquide chaud pour éviter les grumeaux.


Chocolat à croquer, à dessert : que valent-ils en pâtisserie ?


Les tablettes de chocolat à croquer (le chocolat du goûter) et certaines tablettes dites « à dessert » contiennent souvent moins de cacao et plus de sucre que le chocolat à pâtisser ou de couverture. Leur texture, après fonte, peut décevoir (granuleux, moins lisse).


  • À réserver : Aux éclats dans des cookies ou muffins, pour un effet « morceaux ».
  • Moins adaptés : À la fonte pure pour des glaçages, ganaches ou mousses onctueuses – la texture peut manquer de tenue.

Chocolats aromatisés, Ruby et autres nouveautés


Le marché s’enrichit aussi de chocolats à la couleur ou au goût inédit : ruby (rose, notes de fruits rouges), dulcey (chocolat blond), ou encore chocolats aromatisés (café, caramel, épices).


  • À tester : Pour donner un twist à des mousses, ganaches ou décors sur entremets.
  • Attention : Adaptez la quantité de sucre, certains étant déjà très doux.

Comment bien choisir son chocolat selon la recette ?


  • - Pour la mousse et la ganache : Couverture à minimum 60% cacao pour la force ; blanc ou lait pour la douceur.
  • - Pour les gâteaux cuits : Chocolat à pâtisser classique fait le job, couverture si vous voulez un effet plus intense.
  • - Pour les décors brillants et moulages : Toujours couverture, impératif pour réussir le tempérage.
  • - Pour le saupoudrage, brownie ou pâte à biscuits : Cacao en poudre non sucré.
  • - Pour les cookies et moelleux à morceaux : Utilisez des pistoles, pépites, ou simplement grose tablettes concassées.

Quelques erreurs à éviter avec le chocolat en pâtisserie


  • Trop chauffer : Le chocolat brûle vite ; stop à 45°C pour le noir, 40°C pour le lait, 35°C pour le blanc.
  • Mélanger des types de chocolats de mauvaise qualité : Un mauvais chocolat dominerait toute la recette.
  • Confondre poudre de cacao et poudre sucrée : La deuxième ne tient pas à la cuisson.
  • Négliger le tempérage pour les décors : Sans lui, le chocolat reste mate, blanchit ou casse.
  • Oublier d’adapter le sucre de la recette : Chocolat lait ou blanc obligent à réduire ce qui est ajouté.

Bons réflexes pour travailler le chocolat à la maison


  • Fondez au bain-marie doux ou en micro-ondes par impulsions de 30 secondes, en remuant entre chaque étape.
  • Privilégiez les pistoles pour doser sans gaspiller.
  • Pour une brillance parfaite, découvrez la technique du tempérage (à tester même chez soi !).
  • Gardez les restes de chocolat fondu : coulez-les dans des caissettes, parsemez de graines ou fruits secs, pour un recyclage gourmand.

Quelques idées de recettes adaptées à chaque type de chocolat


  • Brownies au chocolat noir pâtissier
    Simple, intense, fondant. À mélanger avec des noix, noix de pécan ou chocolat blanc en morceaux.
  • Mousse onctueuse à la couverture 70%
    Garniture idéale pour des verrines élégantes ou un entremets. Gourmandise garantie.
  • Cookies chocolat au lait et noisettes
    Sucrés, réconfortants ; la douceur se marie bien aux fruits secs.
  • Namandier au chocolat blanc
    Un gâteau noisette/amande riche, moelleux, à base de chocolat blanc pour une version tout en douceur.
  • Nappage rocher au chocolat de couverture
    Chocolat noir tempéré, mélangé à des brisures de fruits secs : aspect croustillant pour enrober des choux, profiteroles ou bûches.
  • Base de cacao en poudre non sucré
    Dans les biscuits sablés, crèmes, ou pour une boisson chaude pure et corsée.

Pour aller plus loin : bien acheter, conserver et tester de nouveaux chocolats


  • Testez différents pourcentages de cacao, selon vos goûts : plus de 70% pour l’intensité, 60% pour l’équilibre, moins si vous aimez la douceur.
  • Conservez vos chocolats à l’abri de la chaleur, dans un endroit sec (<20°C), jamais au réfrigérateur (risque de blanchiment).
  • Comparez les profils aromatiques : certains chocolats grand cru apportent vraiment une personnalité à vos desserts.
  • Pour s’initier au tempérage, réservez une tablette de couverture et suivez nos tutoriels pratiques dans la rubrique « Pâtisserie » sur recettes-quotidiennes.fr.

Le choix d’un chocolat adapté à la recette transforme l’expérience en bouche. Osez varier, ajustez vos recettes, et surtout testez pour découvrir vos préférences. Parce que la pâtisserie, c’est aussi beaucoup d’expériences ratées… pour autant de réussites inoubliables à partager.

Pour plus de conseils pratiques, recettes et astuces autour du chocolat, plongez dans nos dossiers dédiés sur recettes-quotidiennes.fr.
Réalisez, goûtez et partagez vos créations – la meilleure façon de progresser en pâtisserie sans complexe !

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